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Chef de file de l’opposition
Que cache cette subite bonté du pouvoir ?
On n’y croyait pas trop. Cela faisait tellement longtemps qu’on en parlait et que l’on a fini par désespérer de voir nommer un chef de file de l’opposition dans ce pays. C’est une coquetterie et une élégance trop british pour nous, n’est ce pas ? Le Pr Joseph Ki-Zerbo ne l’a pas obtenu, Hermann Yaméogo n’a pas eu de grâce à leurs yeux. Ils l’ont accordé de bon cœur à Gilbert Ouédraogo quand bien même il semblait loin de remplir les conditions. Mais il y a renoncé de lui-même. Alors le chef de file de l’opposition, on s’est dit, c’est bien une invention anglo-saxonne. Au Ghana oui, on peut trouver ce leader de la minorité, mais chez nous, ce n’est pas possible, ce n’est pas pour nous. Et ce n’est pas demain, pensions nous, qu’on verra un opposant au régime, un vrai, installé dans cette fonction. Et pourtant c’est possible. L’Assemblée nationale l’a fait par une loi et une résolution. On a même cru à une tentative de résistance des élus CDP contre l’idylle entre l’ADF/RDA et leur patron Blaise Compaoré. Si le patron du CDP est d’accord avec cette importation de coutume dans notre pays, c’est qu’il y trouve son compte. (...)
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