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DEMISSION A L’ ASSEMBLEE NATIONALE
Les valises de Maître Sankara à la présidence du Faso !
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Les démissions des Burkinabè qui occupent des fonctions politiques, administratives, coutumières et religieuses se comptent au bout des doigts sous notre ciel. Les privilèges, les honneurs et les retombées économiques expliquent les fonctions à vie de nombreux acteurs de la vie publique du Burkina Faso. Pour l’une des rares fois, un député jette l’éponge après trois ans de vie parlementaire. Cette démission de l’élu de la région du Nord et sous la bannière de l’Union pour la renaissance/ mouvement sankariste, maître Bénéwendé Sankara s’apprécie dans le contexte de l’élection présidentielle du 13 novembre prochain et du coup politique souhaité. Le marketing politique du parti de l’œuf semble être une réussite.
Les raisons d’une démission
« Les raisons qui ont dicté ma décision sont fort simples. Je veux me consacrer à la présidentielle et je crois fermement à l’alternance au soir du 13 novembre 2005. J’estime que trois années d’activités parlementaires au cours desquelles j’ai pu exercer les fonctions de président de groupe et celle de membre du parlement panafricain m’ont permis d’avoir une expérience indiscutable de l’institution parlementaire et du travail législatif ». L’élection à la magistrature suprême demeure un objectif majeur pour toute formation politique. Pour Sankara, l’objectif devient un défi capital surtout quand on a en face le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès, Blaise Compaoré. Etre député et postulé au fauteuil présidentiel n’est pas incompatible. Cependant, les calculs politiques indiquent un choix. De l’analyse politique du Burkina Faso, le contact des différents candidats avec les électeurs est une donnée essentielle. L’élection présidentielle se joue dans les campagnes lorsqu’on tient compte des motivations des votes des Burkinabè. On vote moins pour un programme de société. Toute l’attention se focalise sur la personnalité du candidat, ses relations sociales, son entourage et enfin les promesses d’après victoires.
Pendant que le président sortant Blaise Compaoré engage des opérations charme sur le plan panafricain avec l’organisation des sommets, des visites à l’extérieur du pays sur le plan international, l’un de ses challengers, maître Bénéwendé Sankara se libère du joug parlementaire pour aller à la rencontre des habitants du pays réel qui décideront de l’homme qui va conduire les destinées de notre pays au cours des cinq ans à venir. Politiquement, le jeu s’équilibre entre ces deux candidats. Il faut savoir répondre stratégiquement à son adversaire pour éviter de se dépasser au sprint final. Les tournées dans les provinces du Burkina Faso ne sont pas gratuites pour une seconde raison. Les candidats à la présidentielle du 13 novembre prochain ont de forte chance de se partager dans les proportions égales les votes des Burkinabè « éclairés ». Dernière les potentiels vainqueurs, il y a une répartition des cadres administratifs, des jeunes avisés, des syndicalistes insatisfaits. Chacun des acteurs votera en fonction de son intérêt immédiat ou lointain.
Le gombo des controverses
La vie parlementaire a été une grande désillusion pour de nombreux députés. Certains élus du peuple sont tombés dans un piège du jeu politique. C’est le cas du gombo des controverses de décembre 2003. L’opinion nationale a trouvé les raisons avancées par les anciens chantres de la bonne gouvernance en déça des attentes du peuple. Si nous avons bonne mémoire, nous avons rencontré maître Sankara en janvier 2004 pour une séance d’explication. Alors président du groupe parlementaire “justice et démocratie”, il nous a présenté leur chèque signé du 11 janvier 2004. L’argent n’a pas été utilisé pour les fêtes de fin d’année comme annoncé par certains médias. Mais la distribution “clandestine” des fonds posait problème. Les trois millions de francs cfa ont-ils affecté le moral du président du parti de l’œuf ? Rien n’est moins sûr. Les erreurs politiques se corrigent même si elles reviennent dans les analyses. Un sentiment de déception s’observe avec la configuration de la composition de l’hémicycle. La qualité de la faune politique représentée à l’Assemblée nationale tarde à produire des résultats de qualité escomptés après les élections législatives de mai 2002.
Les missions du député tournent très souvent à des calculs politiciens. Notre hémicycle perd progressivement son titre d’institution au service de la démocratie et du développement pour être un lieu de règlement de compte politique. Les acquis engrangés suite aux réformes politiques consécutives au drame de Sapouy volent en éclat. Ce que le pouvoir a concédé avec la main droite face à la détermination de la rue, il le reprend par la main gauche grâce à sa majorité parlementaire. Maître Sankara affirme que « point n’est besoin de spéculer outre mesure car la fonction de député n’est ni une fonction inamovible ni une fin en soi. Les fins pour moi étant d’apporter à notre peuple une justice faite de progrès et de liberté dans un Etat de droit et de démocratie véritable. Pour ma part, les moyens pour y parvenir sont essentiellement d’ordre politique ». La direction de la politique nationale se joue hors de l’institution parlementaire. En dehors du respect de la séparation des pouvoirs, l’hémicycle a tendance à se confondre à l’exécutif. Or, la défense des intérêts fondamentaux des populations hors de l’hémicycle et le retour au prétoire peuvent conduire au fauteuil présidentiel. Cela semble être le nouveau devoir de maître Bénéwendé Stanislas Sankara. Pourra-t-il obliger par la voie des urnes Blaise Compaoré à vider les lieux au soir du scrutin du 13 novembre prochain ?
Arzouma Kiéma
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