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Défaite des Etalons au Ghana
Les enseignements du match
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Il reste au Burkina trois matchs à jouer dans cette phase retour des matchs éliminatoires de la CAN 2006 pour convaincre tous les passionnés du football que les Etalons n’iront pas en Egypte en janvier 2006. Les calculs du genre : « si les Etalons gagnent tous leurs prochains matchs et que la RDC ou le Cap Vert perdent les leurs, les Etalons seront qualifiés » non plus leur place. Il faut s’appeler “Etalons” pour dominer un match et ne pas pouvoir remonter un but inscrit par l’équipe adverse (Cap Vert ) à la deuxième minute de jeu. Il faut être “Etalons” pour ne pas administrer une leçon de football à cette même équipe sur son propre terrain. Il faut enfin s’appeler “Etalons” pour développer un tel jeu à Kumasi sans remporter les trois points du match. Ce n’est pas un problème d’entraîneur, mais un déficit et une limite des joueurs qui ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Toutes les conditions (travail et finances) étant réunies.
La fédération burkinabè de football (FBF) sait ce qui lui reste à faire, elle qui a accédé à la direction du football burkinabè après la démission du bureau précédent. Ainsi, les Burkinabè retiendront que c’est sous l’ère Diakité que les Etalons n’iront pas à la CAN après cinq participations consécutives.
Retour sur le match de Kumasi
Le bourreau des Etalons pendant ce match s’appelle Joe Tex Frimpong, le dossard 25 des Black stars. Il joue à Enyimba, le club Nigeria, double vainqueur de la champions league africaine L’entraîneur de l’équipe ghanéenne a été bien inspiré en le faisant rentrer sur le terrain à la 62è minute alors qu’il avait déjà effectué deux remplacements et son équipe était menée au score (1 but à zéro) depuis la 29è minute. Frimpong n’a pas marqué certes, mais sa présence sur le terrain a considérablement changé le jeu ghanéen. Il est le genre d’attaquant très mobile difficile à marquer. Il a été à l’origine de l’attaque qui a contraint le défenseur burkinabè à commettre la faute sur le capitaine Stephen Appiah sanctionnée par un penalty à la 65è minute. Frimpong était à la base du développement de cette multiplication de passes qui a conduit à l’inscription du second but ghanéen. Les Etalons qui avaient ouvert le score à la première mi-temps suite à une erreur défensive (Dagano à l’affût récupère la balle et élimine le gardien ghanéen) n’ont pas pu réagir dans tout le match à cause de la disposition des joueurs sur le terrain. La défense tenue par Bouffe-tout, Boureima Ouattara, Panantiguiri et Soumaila Tassembédo et un milieu de terrain défensif composé du capitaine Kéré, Kambou Bèbè et Florent Rouamba ont résisté aux assauts ghanéens. Pour une des rares fois, le Burkina qui a aligné une équipe véritablement défensive n’a pas pu développer un jeu au milieu de terrain. Toutes les balles étaient balancées à Dagano esseulé à l’attaque. Il n’avait pas le soutien espéré par Alassane Ouédraogo et Abdoulaye Cissé, les deux attaquants de soutiens qui n’ont pas pu du tout jouer leur rôle. Leurs remplaçants, Minoungou Dieudonné et Amadou Touré n’ont pas non plus réussi à organiser le jeu au milieu de terrain et servir de bonnes balles à Dagano. Les choix tactiques de l’entraîneur ghanéen ont eu raison des Etalons. Dès le début de la première mi-temps, il a procédé à un remaniement de sa défense afin d’empêcher Dagano de jouer. Sentant la défense burkinabè présente sur le terrain, il n’a pas hésité à procéder aux remplacements de deux joueurs très populaires pour faire entrer des attaquants très mobiles pour déstabiliser cette défense qui a résisté 65 minutes durant. Les Etalons ont perdu le match par manque d’inspiration en milieu de terrain. Ils n’ avaient pas de joueurs pour organiser le jeu.
La fédération, le ministère des Sports et les journalistes
Les Etalons ont voyagé à Accra avec trois médias (télé, radio et Sidwaya). Trois médias d’Etat pour rendre compte aux Burkinabè du voyage de leur équipe nationale en terre ghanéenne. Pourtant, ce match était le plus capital de la compétition. Au regard des résultats précédents, une victoire replacerait les Etalons dans la course vers Egypte 2006. Le match se jouait à Kumasi, une ville située à près 700 km de Ouagadougou. Il y avait rien de mal à favoriser le déplacement du maximum d’organes de presse pour assurer la couverture médiatique du match. Le ministère des sports dont relève financièrement la fédération nationale de football est responsable de cette situation. La responsabilité de la fédération est aussi engagée puisqu’elle pouvait trouver des sponsors pour la prise en charge des frais de voyage, le ministère disposant d’assez de cars de transport pour assurer la liaison Ouaga-Kumassi. Un des cars du ministère a servi au transport d’officiels du ministère des sports jusqu’à Kumasi. Ce qui signifie qu’avec un peu de bonne volonté, des journalistes de la presse nationale pouvaient faire partie de ce voyage. Les officiels burkinabè qui ont fait le déplacement à Kumasi ont du reste remarqué la présence massive de journalistes et reporters ghanéens retransmettant le match en direct à l’aide des téléphones portables. Les journalistes ghanéens s’étaient d’ailleurs déplacés en masse au stade du 4 août en bus en juin 2004 pour le match-aller. Leur présence était aussi remarquable qu’à Kumasi. La coordination nationale de soutien aux Etalons a voulu combler cette insuffisance de la fédération et du ministère en assurant le transport des journalistes de Ouaga à Kumasi. Si le voyage à l’aller s’est déroulé sans difficultés, tel ne fut pas le cas du retour puisque la Coordination et les journalistes ont rallié le Burkina séparément. La Coordination a abandonné les journalistes sur place. Mais grande a été sa surprise de constater le lendemain matin que les cinq journalistes les ont malgré tout réjouints à la frontière par des moyens de transport peu commode. D’ailleurs, les journalistes abandonnés de Kumasi ont regagné Ouagadougou peu avant 10 H alors que le convoi des cars de la coordination traversait la ville de Pô.
Bary Raoul
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