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Anniversaire de L’Indépendant
Douze ans de lutte et de victoire
Erreur : filtre « justifier » non défini
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Une chose est sûre, nous ne pourrons jamais remplacer Norbert Zongo, mais le plus important, c’est d’essayer de marcher dans la même direction que lui. Pendant bientôt sept ans, nous avons tenté, à notre manière, de poursuivre la lutte qu’il menait. Avec beaucoup de difficultés certes, mais l’essentiel est que le journal qu’il a fondé reste en vie et poursuive dans la même ligne éditoriale qu’il a laissée. Etre toujours le porte-voix des sans voix, défendre la veuve et l’orphelin, dénoncer la mauvaise gouvernance, rechercher la pourriture dans les partis politiques et les mettre à nu ne sont pas la mer à boire dans un pays qui se dit certes engagé dans un processus démocratique irréversible, mais qui continue de traîner visiblement derrière lui de nombreuses casseroles des régimes d’exception. Ce sont celles-ci qui empêchent par exemple les dossiers des crimes politiques impunis, comme celui de Norbert Zongo de connaître une suite judiciaire décente. Du coup, notre combat s’est diversifié depuis sa disparition en intégrant la lutte contre l’impunité qui a pignon sur rue depuis l’arrivée au pouvoir de Blaise Compaoré. Cette lutte, nous l’avons menée dans les rangs du Collectif des organisations démocratiques de masse et des partis politiques. Depuis l’essoufflement de cette organisation, nous avons entrepris tout seul de poursuivre la lutte tout en continuant également celle menée par Norbert Zongo.
Des détails pointus qui dérangent
Le fait que nous soyons pratiquement les seuls actuellement sur le terrain de la lutte contre l’impunité nous attire toutes les foudres. En témoignent celles que nous avons récemment essuyées pour avoir tenté de rétablir une vérité que l’on s’efforce aujourd’hui de dissimuler parce que justement la vague de pression qui s’était emparée du pays lors de l’assassinat de Zongo a pratiquement disparu. Il est clair que si nous étions toujours épaulés comme avant dans ce combat, les réactions auraient été moins troubles suite à la parution du numéro spécial du 14 décembre 2004 dans lequel nous sommes revenus avec des détails pointus et dérangeants sur les exécutants et les commanditaires des assassinats odieux de Sapouy. Mais nous ne nous sommes pas trompés, loin s’en faut. Des informations qui nous sont parvenues de nos sources traditionnelles, indiquent que certains exécutants qui faisaient partie de l’expédition de Sapouy sont passés aux aveux et ont reconnu la justesse des informations que nous avons publiées en décembre dernier. Chose qui ne manque pas de nous galvaniser à poursuivre dans le même sens et s’il plaît à Dieu, nous serons parmi ceux qui feront jaillir la lumière dans cette affaire Zongo. Une chose est sûre, tout comme la Commission d’enquête indépendante créée au lendemain du quadruple assassinat du Ziro, nous ne nous sommes pas trompé de piste dans nos dernières investigations. L’adjudant Marcel Kafando, condamné à 20 ans de réclusion criminelle dans l’affaire David Ouédraogo est depuis 2001 le seul inculpé dans l’affaire Zongo. Ce qui signifie que nos recherches, celles de la CEI et du juge d’instruction en charge du dossier convergent sur une seule et même piste, celle du commando prélevé par Marcel Kafando à l’insu de la hiérarchie militaire du RSP, le 13 décembre 1998, pour le mettre aux trousses du journaliste d’investigation.
Quelle que soit la profondeur de la nuit, l’aube est à portée de main
L’année écoulée a été riche pour notre journal aussi bien dans la lutte pour plus de justice et de démocratie pour notre peuple que dans le combat contre la mal gouvernance qui ronge notre pays. Armé de beaucoup de courage, nous n’avons pas hésité un instant à secouer vivement le cocotier lorsque nous sommes en possession de preuves tangibles. Notre prédécesseur ne faisait pas autre chose. cela nous attire bien sûr beaucoup d’inimitiés, mais permet au journal de conserver intacte sa crédibilité. Nous allons poursuivre toujours avec la même veine, dans la même lancée. Nous sommes conscients des difficultés et des dangers qui peuvent se dresser sur la route. Mais la vie elle-même n’est-elle pas faite de dangers et de difficultés ? Il faut le dire, le Burkinabè n’a plus son courage d’antan. Mais cela ne saurait être une raison pour que tout le monde baisse les bras. Pendant le règne de la peur actuellement en cours, nous serons considérées comme des parias, des hors normes ; et s’il plaît à Dieu nous risquons d’être parmi ceux qui travailleront pour que les Burkinabè retrouvent leur courage et se battent pour une démocratie véritable dans notre pays. Si des peuples moins ingénieux et moins entreprenants que nous ont pu se mettre sur le chemin de la véritable démocratie, il n’y a aucune raison de désespérer. Quelle que soit la profondeur de la nuit, l’aube est à portée de main. Enfin, nous ne remercierons jamais assez, ceux des villes et des campagnes de notre pays qui ont toujours soutenu le journal par leur geste hebdomadaire qui lui permet de vivre et de continuer le combat dans le même sens qu’eux. C’est ensemble, la main dans la main que nous pourrons renforcer nos convictions qui sont celles de l’avenir puisque porteuses de paix sociale et de vraie démocratie pour notre peuple.
Liermé Somé
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