Numéro 886 du mardi 31 août 2010
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Focus
 

Affaire Norbert Zongo

Un lecteur nous indique la piste

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Ndlr : Dans l’écrit qui suit, l’auteur adresse à L’Indépendant ses vœux de bonne et heureuse année puis revient de façon très intéressante sur l’affaire Norbert Zongo. Pour lui, la piste qui mène aux assassins du Directeur fondateur de L’Indépendant est tout près. Il y a un indice à partir duquel il faut mener l’enquête : l’albinos.

Grattez ! Grattez !.... « La maladie a frappé à notre porte. Notre Directeur de Publication en a été affecté et s’en remet péniblement ». C’est ce qu’on lit dans votre premier tirage de l’année 2010. Au seuil de la nouvelle année 2010, avant de vous la souhaiter bonne et heureuse, je formule le vœu sincère qu’elle apporte la santé à l’illustre malade. J’opte pour « illustre » au lieu de « honorable » parce que la grande majorité des politiquement honorables ne sont que des caisse de résonances, lèche bottes, des à plat-ventristes, béni-oui-oui opportunistes. Les mêmes vœux de santé à tout le personnel ancien et nouveau du journal. Cela dit, BONNE ANNEE ! HEUREUSE ANNEE ! Que 2010 voit une nette amélioration de vos conditions de travail. Je vous souhaite des conditions de vie meilleures, n’en déplaisent à ceux qui souhaitent votre disparition. L’Indépendant doit survivre et vous avec. A propos de l’affaire vieille de bientôt douze (12) ans qu’on s’évertue à ensevelir, ne désarmez pas, ne désarmons pas. C’est vous qui l’avez écrit : « Le Collectif croit fermement que des éléments existent pour permettre de rouvrir puis de faire la lumière sur ce dossier ». Il faut donc continuer à chercher. Norbert Zongo l’a dit et le répète chaque mardi : « Supposons...Nous demeurons convaincus que le problème David (Ouédraogo) restera posé et tôt ou tard il faudra le résoudre. Tôt ou Tard » et puis ailleurs on lit : « Il faut toujours creuser dans le sens du lien entre l’affaire Norbert Zongo et le dossier David Ouédraogo ». Le flair est bon. Le bout du tunnel n’est plus loin car « Quand la justice tarde à agir, c’est qu’elle est allée au loin chercher un gros bâton vert pour mieux châtier les coupables ». Assurément les deux affaires ne sont pas à dissocier. Inutile de persister à chercher midi à quatorze heures. Et puis creuser « c’est trop dur ». On dépense des calories pour un maigre résultat quand il y en a. Que d’efforts et que d’argent pour si peu depuis onze ans. Il faut plutôt gratter. Que l’on se souvienne que l’affaire a commencé avec la rumeur où le mot « albinos » revenait souvent. Pourquoi les assassinats de J. F. Kennedy, Robert Kennedy, M. L. King aux USA sont restés mystérieux malgré les moyens plus que sophistiqués dont dispose ce continent ? X et Y sont morts sans qu’on sache vraiment comment et par qui. De David au jeune journaliste Congo en passant par Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune, Padre Celestino, bienfaiteur parmi les bienfaiteurs, il faut faire le lien. Toutes ces victimes sont des chaînons d’une même chaîne. Ce dont on accuse le premier maillon est-il prouvé ? La valise d’argent est-elle un bon prétexte ou une réalité ? Si elle est une réalité, il y a une instance pour régler cela et au pire des cas, la prison. Si elle n’est qu’un prétexte, référons nous à celui là qui dit : « Un texte sans contexte n’est qu’un prétexte ». Où est le contexte ? La réponse se trouve dans les sept (7) lettres de l’alphabet. Le célèbre PATAPOUF détective, TINTIN, le non moins célèbre reporter sont nés d’une fertile imagination du Belge Hergé et compagnie. Sherlock Holmes, Arsène Lupin sont le fruit de romans. Un roman n’est pas vierge d’imagination. Tous ces héros de l’imagination ont eu à décrypter des mystères que les plus fins limiers de la recherche policière étaient à milles lieux de percer. Que le lecteur se reporte à l’AIGUILLE CREUSE de Maurice Leblanc. Je citerai un autre personnage qui, lui, a existé en chair et en os. Il a exercé en Guinée de Conakry au début des indépendances africaines dont on se prépare à célébrer le cinquantenaire jusque dans l’Hexagone. On m’excusera de ne pas le nommer. Que l’on sache toutefois qu’il a servi dans la Maréchaussée. En ce temps-là, en Guinnée l’or disparaissait des mines sans qu’on ne sût comment et par qui. Toutes les recherches et les fouilles furent vaines. Fouilles de corps et de véhicules n’arrêtèrent pas l’hémorragie. Le procédé des fraudeurs était des plus simples. Simples comme bonjour. Mais il fallait y penser. C’est ce que fit le Voltaïque d’alors. Le résultat émerveilla le Président Sékou Ahmed Touré au point qu’il insista auprès de son homologue Maurice Yaméogo père de notre indépendance pour le retenir en Guinée au moment où il devait être rapatrié. Comment a-t-il procédé ? Il a d’abord fait travailler ses méninges. Ensuite il s’est dit : « Si dans les poches, les valises, les sacs, dans les coffres avant et arrière des véhicules on ne découvre rien alors que l’or continue de sortir, il faut bien que cet or soit caché quelque part. Ainsi, au lieu de fouiller les individus et l’intérieur des engins, il s’est intéressé à l’extérieur. Les plaques d’immatriculation étaient en apparence sans faille : couleur, lettres, chiffres. Néanmoins c’est là qu’il orienta ses recherches. A l’aide d’un canif il a gratté la couche de peinture des plaques minéralogiques avant comme arrière et « EUREKA ». Le lecteur aura compris que les trafiquants substituaient aux plaques de fer des plaques en or au moment de sortir. Au retour les plaques originales reprenaient leur place et le tour est joué. Voilà pourquoi je dis : « Grattez ! Ne creusez plus ! ». Dans les sites aurifères et autres, on creuse dur pour des tonnes de terre et seulement quelques grammes de minerais. A la LONAB, on se contente de gratter et on s’en sort avec plusieurs millions de francs. Alors grattez, il y a un albinos dedans ! On dit que la chance, c’est le fait de se trouver au bon endroit au bon moment et la malchance c’est le fait de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. David Ouédraogo s’est-il présenté au mauvais endroit à un moment qui n’était pas le bon ? Qui y a-t-il vu qu’il ne devait pas voir ? Ces questions sous-jacentes relèvent des enquêteurs. Je ne sous-estime pas le travail abattu depuis onze ans. Si des gens sont passés de vie à trépas, bizarrement, c’est la preuve que le tuyau n’était pas si crevé que ça. L’albinos n’est peut-être pas une création de l’imagination. S’il a existé réellement je persiste à croire que les recherches menées jusque-là ressemblent à cette anecdote. Quelqu’un tournait en rond dans le cercle lumineux d’un lampadaire. Un passant le voyant lui demande s’il a perdu quelque chose. Il répondit par l’affirmative. L’autre de s’inquiéter : « êtes-vous certain que ce que vous cherchez est tombé ici ? ». Non, répliqua-t-il en toute franchise. Ce n’est pas ici. Mais comme il y a de la lumière, je préfère chercher là où s’est éclairé. A moins que nous soyons en présence de l’éléphant du roi

Ousmane Dao

L’Indépendant
 

 
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