Numéro 886 du mardi 31 août 2010
01 BP 5663 ouagadougou 01
Tél : (226) 50 33 3775
 
 
 
Editorial
 



L’irrésistible appel de Pékin

Erreur : filtre « justifier » non défini (...)

Il devient de plus en plus difficile de tenir sur place face à l’irrésistible diplomatie du dollar déclenchée par la Chine en direction des pays africains. Sur les 52 Etas de l’Union africaine, seulement 7 n’entretiennent pas à l’heure actuelle des relations diplomatiques avec Pékin. Ils continuent- mais pendant combien de temps encore- de s’aligner derrière Taïwan. Le sommet Chine-Afrique appelé également Forum Chine (...) Afrique a pris fin le 10 novembre à Cham el Cheikh par une déclaration du Premier ministre de l’Empire du Milieu M. Wen Jibao dans laquelle son gouvernement a décidé d’accorder aux pays participants un prêt bonifié de dix (dix) milliards de dollars. Quel dirigeant africain peut résister à cette offensive diplomatique du dollar mise en place par la République populaire de Chine ? Même les fidèles alliés des anciens prés carrés français, britannique, portugais n’ont pas pu s’empêcher d’aller voir ce qui se passe au pied de la Grande Muraille. Ils y sont allés. Ils y ont été reçus à bras ouverts avec des valises et des cantines bourrées de dollars. Ce qu’ils en font, ce qu’ils en feront n’intéresse pas le Premier ministre chinois, ni aucun autre dirigeant chinois. La seule condition, l’unique condition, la condition nécessaire et suffisante c’est que leurs pays permettent à la Chine de venir chez eux, de prospecter leurs sols et leurs sous-sols et d’y tirer les matières premières dont elle a grandement besoin pour entretenir sa propre croissance économique phénoménale, les matières premières pour assurer son émergence économique, militaire, diplomatique sur la scène mondiale. Les succès de l’offensive diplomatique et de sa coopération économique avec le continent noir, le plus pauvre, mais le continent où l’on trouve les plus féroces dictatures qu’aie jamais connues la planète, réside dans son principe selon lequel la Chine ne s’immisce pas dans les affaires intérieures de ces pays. La Chine pratique, dit-elle une coopération fondée sur le slogan « gagnant/gagnant ». Que font les dictateurs africains de ces milliards de dollars que la Chine leur verse ? Ce n’est pas une préoccupation et ce ne sera jamais une préoccupation de premier ordre, pour elle. Les dépensent-ils dans des projets ayant pour but l’amélioration des conditions de vie de leurs peuples en construisant des infrastructures de communications, sanitaires ou autres ? Ou au contraire détournent-ils ces milliards pour bâtir des propriétés immobilières à l’étranger pour eux-mêmes, pour les membres de leur famille et de leur clan ? Ou encore vont-ils planquer cet argent dans des paradis fiscaux ? Ce n’est plus l’affaire de Pékin. La grande préoccupation pour Pékin, c’est pouvoir s’approprier les ressources de ces pays. Mais « Wang-wou » sait qu’il sera payé en espèces ou en nature, d’une manière ou d’une autre. C’est une nouvelle forme de coopération que ne comprennent et ne partagent pas les partenaires traditionnels des africains, les européens et les américains en l’occurrence. Pour les partenaires dits traditionnels de l’Afrique, une grande partie de l’aide au développement est systématiquement dépensée pour les nombreuses études (par des bureaux français, britanniques, américains, etc.), pour les missions diverses, pour les consultations et pour bien d’autres choses qu’ils imposaient aux pays africains. Ces dépensent grèvent substantiellement l’enveloppe initiale destinée au financement du projet. Avec la Chine, il s’agit d’une coopération dans laquelle en tant que partenaire, elle se soucie peu ou prou de savoir si les fruits vont aux destinataires, logiquement les populations ; avec les partenaires traditionnels, ils mettent tellement de conditionnalités, ils érigent de nombreux obstacles avant la jouissance du prêt. D’un côté on a un partenaire qui ne se préoccupe pas de savoir si les populations jouissent d’un minimum de droits : droit à la vie, libertés individuelles et collectives, liberté d’expression et de presse ; de l’autre, on se trouve face des partenaires trop regardants parce qu’ils tiennent compte de leurs opinions publiques qui leur réclament des justifications. Bien entendu, les dictateurs africains préfèrent se tourner vers ce nouveau partenaire qui ne demande qu’à faire des affaires, à tirer le maximum de profit des pays africains, le respect par le partenaire africain des droits humains de ses populations compte pour du beurre pour lui. Les dictateurs africains qui font peu de cas du sort de leurs peuples, qui foulent à leurs pieds les principes élémentaires de la démocratie ont tous accouru au son du cor de Pékin parce qu’ils croient trouver la fin de leurs tracas avec les occidentaux à propos d’opposants qui disparaissent, ou des personnes qui sont massacrées parce qu’elles ont manifesté contre un pouvoir et des procès pour les biens mal acquis qu’on veut leur intenter. La Chine a certes la volonté d’aider le continent à se développer. Le développement, c’est l’accroissement du mieux-être des populations. La Chine ne peut ignorer indéfiniment comment sont respectés les droits humains sont peu respectés dans les Etats où elle est présente. Il reste un fait que pour profiter au maximum des largesses de la Chine, les africains doivent s’intégrer dans sa vision de développement, qui semble pour eux une dynamique nouvelle. Peut-on penser que les africains ont quitté leurs anciens colonisateurs pour s’offrir pieds et poings liés à de nouveaux colonisateurs qui s’appellent les Chinois ? La Chine par la voix de son Premier ministre Wen Jiabao rejette cette accusation qui s’apparente à une mauvaise querelle et à de la propagande. Partageant il y a quelques décennies encore les mêmes maux que ceux de l’Afrique aujourd’hui, maux qui ont pour noms : pauvreté et sous développement, la Chine estime qu’elle est plus proche de l’Afrique que ne le sont les occidentaux qui, depuis plus d’un siècle de présence n’ont contribué qu’à un endettement excessif du continent. De mauvaises langues avancent que face à l’influence chaque jour grandissante de la Chine en Afrique, les occidentaux se demandent « Comment seront-ils remboursés de leurs énormes dettes ? » La révision des contrats que la République Démocratique du Congo et d’autres pays du continent ont signés avec la Chine illustre bien cette inquiétude. C’est un fait établi que par son expérience de pays émergeant, l’exemple chinois s’il est bien canalisé peut hâter l’essor économique du continent noir. Les pays africains, au lieu d’aller séparément vers la Chine devraient se tourner vers l’Union africaine pour lui confier le rôle d’interlocuteur unique avec la Chine, mais avec toute autre puissance économique. C’est du reste de leur désunion qu’ont profité et dont profitent encore les occidentaux. Ce devrait être à cette Union africaine de montrer à la Chine sa vision du développement du continent qui ne peut se faire que par la voie de l’intégration dans de grands ensembles. Il est dès lors important que l’Union africaine devienne la seule interlocutrice de Pékin qui à son tour s’appuiera sur elle pour soutenir son développement. Priorité doit être donnée à l’Union africaine dans la coopération Chine-Afrique. Talato Sîîd Saya

L’Indépendant
 

 
Médiation avec AQMI
Kosyam dîne t-il avec le diable ?
 
Un trou de près de 300 millions à l’hôpital de Bobo
Sanou Souro dans la tourmente et les auteurs tranquilles
 
Pénurie et hausse des prix des produits
Il y a les explications. Quid des solutions ?
 
Pr Augustin Loada, Directeur exécutif du CGD
« Dans quel royaume africain a-t-on vu un chef changer les règles constitutionnelles à sa guise comme on le voit aujourd’hui dans notre pays ? »
 
Une sombre affaire de lotissement à Zékounga I
Les habitansts pris dans un piège accusent le gouverneur du Centre
 
Conception & réalisation ZCP L'Indépendant © 2004