Excellence, Monsieur le Président du Faso !
On continuera de le dire jusqu’à l’éternité : la route est un facteur incontournable de développement socioéconomique et l’adage qui dit que la route du développement passe par le développement de la route est là pour l’attester. On ne manquera jamais, chaque fois que l’occasion s’offre de parler de l’état de la route Kongoussi-Djibo, un tronçon de 88 kilomètres de long. Jusqu’à ce que ce tronçon soit bitumé, il fera couler beaucoup d’encre et de salive.
La province du Soum souffre énormément de l’état de cette route. Elle panse chaque jour les blessures causées par cette voie. Djibo a besoin d’une route décente, elle en a droit d’ailleurs. Djibo, le chef-lieu de la province du Soum abrite tous les mercredis, un des plus importants marchés à bétail du pays. Tous les mardis, la veille du jour de ce marché, plus d’une cinquantaine de véhicules 10 tonnes s’y rendent. Ils regagnent la capitale, chargés de milliers de bêtes et de gallinacés.
Mais ces voyages ne se passent sans difficultés majeures. On enregistre quotidiennement des pannes, des retards dans les rendez-vous d’affaires à Ouaga, surtout des accidents avec parfois des pertes en vies humaines.
La question que d’aucuns se posent est : pourquoi le bitumage de ce tronçon se fait attendre ? Les populations ne peuvent que se livrer à des interrogations : désintérêt de l’état, poids politique insignifiant dans la balance électorale, etc. ?
En rappel, la province du Soum compte plus de 350 000 habitants selon le dernier recensement général de la population et de l’habitation (RGPH 2006). Elle est donc la principale pourvoyeuse des voix électorales avant et après Dori. Démographiquement, la province du Soum n’est pas négligeable. Il en est de même sur le plan économique. Innata, dans la commune rurale de Tongomayel (à 35Km de Djibo) abrite l’une des plus importantes mines d’or du pays dont l’exploitation s’étend sur dix ans avec pas moins de quatre (04) milliards de nos francs de taxes et impôts pour le trésor public par an. Pour tout cela, la voie Kongoussi-Djibo mérite un autre sort. Pour rallier Kongoussi, les véhicules mettent trois à quatre heures. C’est ce qui explique qu’aucune société de transport en dehors de la Société de Transport Aourèma et Frères (STAF) et la Société de transport Hébié et Frères communément appelé « Samogo » ne veut prendre cette route.
Ces deux (02) sociétés ne ménagent aucun effort chaque jour que Dieu fait pour aider les populations du Soum à régler leurs affaires à Ouagadougou. Voyager sur cette route, c’est vraiment accepter prendre des risques. On ne compte pas le nombre de victimes sur cette route, ni celui des véhicules privés et ceux appartenant à l’Etat et ses démembrements qui ont été fortement endommagés sur cette route. Certains sont même irrécupérables. La difficulté de circuler sur cette voie prive les populations de leurs élus et élites qui ont peur de prendre cette route nationale.
Excellence monsieur le Président, en tant que premier responsable de ce pays, les populations du Soum vous demandent solennellement de voir la situation de Djibo. Donnez des instructions fermes à votre gouvernement afin que le tronçon Kongoussi-Djibo soit bitumé.
Vous leur avez promis le bitumage de cet axe lors de votre dernier passage à Djibo en novembre 2005 en ces termes : « Si le goudron arrive à Kongoussi, même si on ne lui dit pas il sait qu’il va continuer sur Djibo ».
Ne dit-on pas que la promesse est une dette pour les personnes honnêtes ? Nous vous prions de mettre fin à ce cauchemar afin qu’au rendez-vous de 2010 on ne vous reproche pas d’avoir manqué à vos engagements vis-à-vis du Soum. Le barrage de Baraboulé peut attendre après 2010, mais le goudron non. Donnez-nous une seule occasion de croire en vous et en votre gouvernement en déroulant le plan que vous avez pour cette route.
Des actions seront envisagées dans les jours à venir si des mesures idoines ne sont pas prises en faveur de ce bitumage. Djibo qui est à moins de 50 kilomètres du Mali ne mérite pas ce traitement. Le goudron Ouagadougou-Pô est en train d’être refait, Ouaga-Boromo aussi et bien d’autres tronçons déjà bitumés. Un peu d’équité et de justice pour les populations du Soum et soyez rassuré que vous serez largement élu en 2010 et même en 2015 si vous le voulez avec des vrais voix (pas avec les bourrages d’urnes que certains ont pris l’habitude de vous faire bénéficier !).
Ismaël A.TRAORE (tismael58@yahoo.fr)
Conseiller Municipal, Secteur 3 Djibo