A 82 ans, le sénateur français, ancien ministre de l’Intérieur et ancien président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Charles Pasqua a écopé de trois ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende pour “trafic d’influence”. C’est le verdict rendu le 27 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès de l’Angolagate, une affaire de vente d’armes à l’Angola pendant les années 1990.
Une condamnation de Charles Pasqua, l’une des figures marquantes de la Vème République française. Pour beaucoup, c’est spectaculaire. C’est vrai que pour l’instant, l’intéressé prévoit de faire appel du jugement et menace de faire des révélations qui entraîneront d’autres personnalités, mais ceux qui croient à son innocence ne sont pas nombreux. L’homme s’est négativement illustré à plusieurs occasions en se rendant auteur d’actes obscurs.
Au Burkina, on se rappelle Pasqua grâce à cette affaire d’expulsion de 20 Magrébins de Folambray. Ils ont été débarqués de force le 31 août 1994 à l’aéroport international de Ouagadougou. Pour ces expulsés, suspectés de terrorisme et toujours interdits de mettre pied sur le territoire français, ce qui arrive à Pasqua aujourd’hui est « une ironie du sort ».
En décidant de façon arbitraire d’expulser les 20 personnes du territoire français et de leur en interdire l’accès jusqu’à ce jour, Pasqua a commis une injustice. Pis, il ne leur a pas donné l’occasion de se défendre devant un tribunal, la seule instance qui peut dire si oui ou non ils sont des terroristes.
Voir Charles Pasqua condamné par la justice de son propre pays est presque pour les expulsés de Folambray, la punition du méchant. C’est la preuve pour eux que Pasqua reste un personnage « douteux » et plusieurs actes qu’il a posés ne sont que le fait d’une machination pour servir des intérêts personnels.
Charles Pasqua est aujourd’hui coupable et condamné devant un tribunal alors, que sur la base d’un simple soupçon, il a infligé une peine sans fin à des personnes sans leur donner l’occasion d’avoir un procès. Le regret des expulsés de Folambray, c’est donc de n’avoir pas eu comme Pasqua, « le privilège » de se défendre devant un tribunal.
Samba Bila