Numéro 886 du mardi 31 août 2010
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Point de mire
 

PRESIDENTIELLE 2005

Un chat noir contre Blaise Compaoré

Erreur : filtre « justifier » non défini (...)

« Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions ». Dans la faune politique burkinabè, les sentiers des regroupements dans le camp de l’opposition sont des vœux pieux qui finissent souvent leur course dans le purgatoire des ambitions masquées. Après les discours de démarcation ou de clarification dans les cérémonies médiatiques, on revient à la case du combattant solitaire. La crise qui sévit actuellement dans l’opposition burkinabè unie (OBU) est une belle illustration d’une des tares de la classe politique de notre pays.

le choc des intérêts

Les regroupements ou les coalitions des partis de l’opposition meurent quelques mois ou années après leur naissance. Chaque espoir du peuple échoue devant l’intérêt des individus. Le simple choix des candidats susceptibles de troubler le sommeil du président sortant au soir du 13 novembre prochain présente une opposition qui se lézarde. Officiellement, dans la crise aiguë que traverse l’opposition burkinabè unie, le mouton noir ne se trouve pas dans le camp de leur adversaire de longue date. Les raisons semblent résider dans les calculs bassement égoïstes qui jalonnent la route de l’unité de l’opposition burkinabè. Les politiciens Laurent Bado et Emile Paré signent la fin des illusions de la fraction de burkinabè qui avait foi à l’opposition burkinabè unie comme une force alternative. Le choc des intérêts personnels a pris le dessus sur la lutte pour l’avènement d’un socialisme capable de sortir les burkinabè de la misère et de la pauvreté. Les amis d’hier sont devenus des adversaires pour un ticket de candidat à l’élection présidentielle de 2005. Au détour des points de presse ou des sorties médiatiques, chacun tire la couverture de son côté. L’échec a entraîné une auto proclamation de candidature maladroite et une désignation de candidature adroite quand on se réfère aux textes statutaires et réglementaires de l’obu. Le Mouvement du peuple pour le socialisme/parti fédéral et le Parti socialiste unifié proposent aux électeurs la candidature du docteur Emile Pargui Paré pour l’élection présidentielle du 13 novembre 2005.

Deux obus contre Compaoré

La version des faits qui militent pour le choix de l’homme qu’on appelle affectueusement « le chat noir du Nayala ». Le 18 mars 2005, le président de l’obu convoque le comité directeur national pour le jeudi 24 mars. L’ordre du jour comporte la « désignation du candidat de l’OBU à la présidentielle de 2005 ». Sur cette question, la majorité des cinq chefs de partis qui composent le regroupement opte pour la candidature du docteur Emile Pargui Paré. Le vice- président de l’OBU, Laurent Bado proteste, claque la porte et demande à sa délégation de ne plus participer à la réunion du Comité directeur national. Le président du parti de la renaissance nationale, Laurent Bado ne garde pas sa langue dans la poche. « Avec ou sans l’OBU, je serai candidat ». Il va mettre tout en œuvre pour atteindre cet objectif. L’intégration à l’OBU du parti dénommé PNR/JV dirigé par un « pirate », sa notification au ministère de l’administration territoriale le 4 mai 2005, une pétition pour la convocation de l’instance suprême de l’union, le 12 mai... secouent l’OBU. Le 21 mai dernier, le président du PAREN et premier vice-président de l’oBu Laurent Bado s’autoproclame candidat de l’OBU au cours d’une conférence de presse en présence de certains membres du comité directeur nationale de ce regroupement des partis de l’opposition. Selon les responsables du candidat de l’alliance socialiste, une fraction de l’opposition burkinabè unie voulait imposer sa volonté à l’union au mépris des textes fondamentaux qui justifient son existence. La déclaration liminaire de la conférence de presse du jeudi 23 juin dernier indique des cibles. « Des manœuvres politiciennes sont orchestrées en vue d’empêcher la candidature du président de l’OBU aux élections présidentielles de 2005 lesquelles rappellent curieusement celles qui ont conduit à son écartement à la candidature aux élections législatives de 2002 ». L’obu est en crise « profonde ». Le Mouvement du peuple pour le socialisme/parti socialiste du docteur Emile Paré et le Parti socialiste unifié de l’avocat Bénoît Lompo invitent les membres de leur regroupement à soutenir “le chat noir du Nayala” qui n’a pour seul adversaire le président sortant, Blaise Compaoré. Le tandem Paré-Bado vole lentement mais sûrement en éclats. Le garant du patrimoine de l’obu, Emile Paré ne parle pas pour l’explosion d’un OBU. Cependant, le conflit ouvert dans cette énième tentative de l’union des partis politiques de l’opposition ne présage pas d’une issue favorable. Les luttes mesquines et intestines du docteur Emile Paré et de Laurent Bado brisent les espoirs de leurs militants. Le pôle nouveau qui se voulait « une réponse à la division, à l’émiettement et à l’instabilité des formations » politiques qui aspirent à l’alternance politique alternative est à l’agonie. Il va falloir trouver un remède miracle pour maîtriser un OBU qui laisse échapper deux obus en direction du président sortant Blaise Compaoré.

Arzouma Kiéma
 

 
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