Numéro 886 du mardi 31 août 2010
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Focus
 

Centre de recherche sur le paludisme

Un trou de 60 millions provoque une grogne des travailleurs

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Le Centre de formation et de recherche sur le paludisme a vu le jour dans les années 1980. Il avait toujours fonctionné sans problèmes jusqu’en 2002 où on vit l’arrivée du directeur actuel. Par des manœuvres que les travailleurs n’ont pas comprises, ce dernier a commencé par suspendre le paiement des heures supplémentaires qui étaient rémunérées à raison de 1500F l’heure. Depuis 1996, les employés avaient également droit à un treizième mois que le nouveau patron du Centre a tenté, mais sans succès depuis 2002 de remettre en cause. A l’époque, il y a eu des manifestations dans la maison et pour calmer la situation, le Directeur s’est d’abord payé le treizième mois avant de penser aux travailleurs. En 2003, le même scénario s’est reproduit ; les travailleurs ont encore grogné avant de recevoir leurs 13è salaires. A chaque fois, ce sont les mêmes explications : manque de fonds. En 2004, c’était encore la même rengaine ; l’habitude s’est donc installée dans la maison de donner à chaque fois de la voix avant d’entrer dans ses droits. Seulement à chaque fois, les travailleurs avaient évité au maximum que les médias ne s’en saisissent pour ne pas donner de bonnes raisons aux partenaires financiers de fermer le robinet. Dans la même année 2004, le Centre a été audité et c’est là qu’on aurait découvert un trou de 60 millions de francs. Les travailleurs ont alors initié une correspondance adressée au Secrétaire général du ministère de la Santé. C’est dans cette lettre qu’ils auraient évoqué le non-paiement de leurs ristournes de motivation qu’ils recevaient à la fin de chaque trimestre et qui ont été suspendues.

Rongé par la mal gouvernance

Le Secrétaire général n’a pas daigné donner une suite à cette correspondance. Qu’à cela ne tienne, les employés ont décidé de poursuivre leur lutte. C’est ainsi que le mercredi 8 juin dernier, ils ont encore adressé une correspondance au directeur du Centre, correspondance qui jusque-là est restée lettre morte. Le mardi 14 juin, ils sont revenus à la charge dans une autre lettre cette fois-ci assortie d’un ultimatum de 48 heures qui expirait le jeudi 16 juin. Mais la lettre aurait été transmise tardivement, ce qui a repoussé l’ultimatum au vendredi 17 juin. Si rien n’était fait au-delà de cet ultimatum, les travailleurs prévoient des manifestations (sit-in) dans l’enceinte du Centre. Les employés ne comprennent surtout pas l’attitude du Secrétaire général du ministère qui aurait, semble-t-il, multiplié des déclarations qui ne seraient pas dignes d’un responsable. Voici l’une d’elles qui nous a été rapportée : « Si Pitroïpa ne trouve pas une solution pour ses agents, ce ne sera pas le première fois que des employés se retrouveront dans la rue ». Cette phrase n’a pas manqué d’irriter au plus haut point nombre d’employés qui se sont donné à fond depuis la création du Centre. Certains employés affirment que les directeurs qui se sont succédés à la tête de ce Centre ont fait de leur mieux pour qu’il fonctionne sans trop de difficultés. Même lorsque survenaient des difficultés, ils faisaient en sorte de les aplanir en trouvant une solution intermédiaire en attendant que la situation se normalise. Ils faisaient en sorte qu’il n’y ait pas de rupture dans le paiement des droits qui font aujourd’hui l’objet des tiraillements.

Aucun répondant au sommet

Tel ne serait pas le cas avec le présent responsable. L’homme, aux dires de nos sources, serait d’abord très difficile dans la collaboration au point qu’une dame qui avait été affectée au Centre, a dû, au bout d’un certain temps demander à repartir d’où elle était venue. Lorsque certains ont voulu en connaître les raisons, elle aurait déclaré que si dans un service, il ne peut pas y avoir entente avec le premier responsable, dans la mesure où le subordonné ne peut pas changer les choses, c’est au subordonné de s’en aller. Au moins six projets opèrent dans le Centre et chaque projet lui reversait 10% de ses ressources pour faciliter son fonctionnement. Seulement depuis l’audit en question, cet argent ne serait plus reversé, ce qui vient compliquer davantage la situation de la maison qui n’était déjà pas très enviable. Les travailleurs sont pour leur part convaincus que c’est la mal gouvernance qui crée actuellement toutes les difficultés et que leurs malheurs viennent directement des 60 millions qui auraient été dissipés. Malheureusement, ils n’ont personne au sommet pour entendre leur cause. Le Centre de formation et de recherche sur le paludisme est actuellement financé par la coopération italienne. Vu la rigueur que certains partenaires au développement affichent par rapport à la gestion des fonds alloués, il faut craindre que cette mésentente entre travailleurs et direction n’aie pas des répercussions négatives sur le processus de financement. Or, il n’est pas évident que ce Centre survive s’il doit être géré par le gouvernement burkinabè. Il y a parfois des choix à opérer, des décisions courageuses à prendre à des moments donnés pour sauver certaines situations.

Liermé Somé
 

 
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