|
 |
|
FORUM NATIONAL DES JEUNES
Les attentes électoralistes de Blaise Compaoré
Erreur : filtre « justifier » non défini
(...)
Si un vote à la file avait lieu dans la zone du pied à terre du colonel Kadhafi de la Kompienga profonde entre le guide de la Révolution libyenne et le président du Faso, trois jours avant la septième session des Leaders et Chefs d’Etat de la Communauté des Etats Sahélo-sahariens, il était fort probable que le « frère Guide » l’emporte. Le révolutionnaire venu de la Libye a vécu dans un bref temps les réalités des populations. Visite des maisons de la pauvreté, essai aux semis, discussions à bâtons rompus avec les jeunes villageois dans leur cadre de vie... Hormis son marketing politique, le « seul » de la CEN- SAD a indiqué le chemin à suivre. La politique prend sa racine dans les attentes profondes des populations.
De nombreuses maladresses
Malheureusement, la grande majorité des populations laborieuses existe à peine en dehors des périodes de sollicitations des suffrages. La force vive connaît un chômage. Lorsque l’heure de la réédition des comptes approche, les privilégiés de la République retrouvent la raison. Ainsi, de nombreuses maladresses jalonnent-elles la stratégie de conquête ou re-conquête du pouvoir. Les politiciens engagent des opérations de charme auprès des électeurs. Des constructions de barrages, les forums multiformes, la distribution des effigies de Blaise Compaoré comme symbole de la nation, les coupes de football, les marches-meeting...On arrive à une saturation de la publicité pour le président sortant. Le forum national des jeunes des 10 et 11 juin dernier marque certainement la fin du conditionnement des différents corps sociaux du Burkina Faso.
La rencontre du président Blaise Compaoré avec une partie de la jeunesse burkinabè ne surprend guère. Depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, les jeunes ont été les adversaires les plus redoutables du régime de la quatrième République. Passé l’orage, on renoue le dialogue avec eux dans un cadre conditionné. Un chef d’Etat qui ne communie pas avec sa jeunesse expose forcément son pouvoir à des remous sociaux. Le forum national des jeunes aurait été un événement si on le sortait du champ électoral. Malgré les mémoires en défenses des concepteurs de ce que le président du Faso qualifie d’« espace de concertation pour les forces juvéniles de notre nation attachées aux vertus du dialogue et de la responsabilité dans la perspective d’édification d’une communauté burkinabè forte et solidaire », le dernier forum national des jeunes cache bien des réalités. Le chef de l’Etat connaît les problèmes de la jeunesse burkinabè. Le principal est le chômage qui réduit les bras valides dans un état de mendicité. Le forum n’a fait que ressasser de vieux problèmes. Il n’a fait qu’ éloigner les solutions. A l’heure de la mise en œuvre de la décentralisation, le président Blaise Compaoré devrait rencontrer les jeunes dans leur cadre de vie pour rechercher avec eux les débuts de solutions à leurs préoccupations.
Des débuts de réponses locales existent pour la jeunesse. Cependant, le politique manque d’imagination pour transformer le minimum des ressources disponibles en investissement durable. De nos jours, un gouffre existe entre la vie des tenants du pouvoir et la survie des populations, surtout la jeunesse. C’est pourquoi, un bond qualitatif passe nécessairement par le contact permanent du chef de l’Etat avec les couches les plus démunies. Les ateliers, forums, colloques dans les grands centres urbains accouchent de documents utiles pour des études. Nous pensons que le budget d’une rencontre nationale de jeunes pourrait financer des micro-projets générateurs de revenus pour les jeunes.
Que faire ?
Il faut aussi avoir une autre lecture de la pléthore de structures associatives des jeunes. Les objectifs nobles des statuts et règlements renferment des besoins alimentaires. Les structures associatives ressemblent aux partis politiques. On guette les financements publics ou des partenaires au développement. La finalité de la naissance des structures, c’est avoir une longueur de richesse ou de revenu par rapport à la grande masse. Les mouvements des jeunes ne peuvent pas dans ces conditions être des moteurs des avancées de notre pays sur les plans économique, politique, social et culturel. Des jeunes sont entre les mains des politiciens ou de responsables des structures de la société civile qui les manipulent en fonction des besoins circonstanciels.
Il faut repenser toute la politique du gouvernement en matière de jeunesse en nommant les hommes et les femmes capables d’impulser des dynamismes dans les différents secteurs ministériels. On remarque que chaque ministre vient avec des vieux plats réchauffés qui débouchent sur les ateliers et forums nationaux. Il faut mettre fin à la politique de la routine qui diffère des problèmes des populations. Pour trouver un début de solutions aux problèmes d’emploi des jeunes, on pourra mettre fin aux nombreuses fonctions de certains militants qui partagent leur temps dans l’administration publique et le secteur privé.
Arzouma Kiéma
|