Numéro 886 du mardi 31 août 2010
01 BP 5663 ouagadougou 01
Tél : (226) 50 33 3775
 
 
 
Focus
 

Marche mondiale des femmes

Une caravane des femmes pour quels résultats ?

Erreur : filtre « justifier » non défini (...)

Les marches se suivent au Burkina mais ne se ressemblent pas. Ces derniers temps, la preuve vient d’être faite qu’elles ne sont pas seulement l’apanage des militants du Collectif d’Halidou Ouédraogo. Tous ceux qui condamnaient cette pratique optent pour elle pour se faire entendre. Les Amis de Blaise Compaoré (ABC) et son rival, le Comité des jeunes pour la candidature de Blaise Compaoré battent le pavé afin de supplier Blaise de se présenter à l’élection présidentielle prochaine. Ils ont été suivis par les femmes du Burkina qui à travers une caravane ont sillonné des localités du Burkina pour exiger un meilleur regard sur la femme. En rappel, la marche mondiale des femmes est la concrétisation d’une des mesures prises lors de la conférence des femmes à Beijing en Chine. Elle est intervenue à une période où une prise de conscience généralisée semblait animer les penseurs du développement sur la nécessité d’impliquer la femme au processus de développement. Depuis cette période, la question du genre et plus précisément celle de la femme est devenue un élément incontournable dans les discours et les politiques de développement au Burkina Faso. Sa prise en compte est devenue une condition nécessaire pour accéder au financement d’un certain nombre de partenaires au développement. La marche mondiale des femmes est un mouvement des femmes de près de 170 pays. En 2000, elles ont élaboré une plate forme politique de 17 revendications en faveur de la femme. Les femmes du Burkina qui s’apprêtent à accueillir la marche au mois d’octobre 2005, parcourent déjà le pays en caravane dont l’objectif est l’appropriation des cinq valeurs de la charte mondiale (égalité, liberté, solidarité, justice et paix) pour l’humanité à travers les régions parcourues.

« C’est bon les tanties mais c’est pas arrivé »

Au lendemain de la rencontre de Beijing, les critiques les plus acerbes ont fait ressortir les insuffisances de la participation des femmes burkinabè. Elles y étaient en quantité, mais la qualité faisait défaut. Comme d’habitude, des personnes ont été se ballader dans les rues chinoises avant de regagner Ouagadougou sans savoir pourquoi elles ont voyagé. La participation du Burkina s’est faite à l’image des autres rencontres internationales. Des personnes qui ne méritent pas de représenter le Burkina se retrouvent à des séances de négociation. Rien d’étonnant que malgré les prises de positions du président Compaoré sur le coton, la voix du Burkina ne se fait jamais entendre à l’OMC. Il n’est pas non plus étonnant que certaines institutions internationales nous imposent des mesures impossibles à supporter alors qu’elles ont discuté des modalités de commun accord avec des représentants burkinabè. Après Beijing qui a consacré la mise en place de la coordination nationale de la marche mondiale des femmes au niveau national, les femmes se sont mobilisées à travers une caravane de plusieurs jours pour sillonner le pays afin de faire entendre leurs voix. Une fois encore, l’initiative était bonne, mais les femmes ont raté le rendez-vous avec l’histoire.

Ce qu’il y avait lieu de faire

Ce qu’il y avait lieu de faire, était simple et sans incidence physique et financière. Les femmes du Burkina ont démontré leurs talents de bonnes marcheuses. Celles présentes dans la caravane, en association avec les femmes militantes ou non des associations de défense des intérêts des femmes devraient dans un premier temps marcher sur la Présidence du Faso avec Chantal Compaoré en tête. Chantal Compaoré. elle s’est toujours montrée disponible dans les actions de défense des intérêts des femmes et des enfants dès qu’elle est sollicitée. Elle pourra se faire accompagner par les femmes présidentes d’institutions résidant au Burkina. Une seconde marche sur le Premier ministère avec en tête madame Kadidiatou Yonli, épouse du Premier ministre, accompagnée des femmes ministres dans le gouvernement, ainsi que des épouses des ministres actuels. Une troisième marche dirigée sur l’Assemblée nationale sera conduite par l’ensemble des femmes députés, la femme du président de l’Assemblée en tête, ainsi que des femmes des députés disponibles. Ces marches seront précédées d’une préparation minutieuse des doléances à soumettre à ces différentes autorités et les résultats suivront immédiatement puisque chacune d’elles poursuivra son action de lobbying au foyer auprès de son mari. Au lieu de parcourir le Burkina pour se faire recevoir par des Hauts commissaires sans autorité et des gouverneurs en quête d’autorité, cette initiative aura immanquablement plus d’impact que celle qui a consisté à courir de ville en ville pour se faire admirer par les femmes rurales. Nous disons que les responsables de la marche mondiale des femmes ont raté le rendez-vous avec l’histoire parce qu’un des objectifs de leur lutte est l’augmentation du nombre des femmes dans les instances dirigeantes. En cette année électorale, les femmes du Burkina auraient pu poser le problème d’une manière simple. Conscientes que les femmes constituent un électorat non négligeable, elle devraient avant d’appeler leurs consœurs à s’inscrire sur les listes électorales et à voter, recevoir des garanties quand à la prise en compte de leur revendications. Si elles adoptaient une seule voix, il n’y a pas de raison qu’elles ne soient pas satisfaites. Les hommes sont d’abord leurs maris, leurs fils et leurs frères avant d’être des camarades ou des adversaires politiques.

Bary Raoul
 

 
Médiation avec AQMI
Kosyam dîne t-il avec le diable ?
 
Un trou de près de 300 millions à l’hôpital de Bobo
Sanou Souro dans la tourmente et les auteurs tranquilles
 
Pénurie et hausse des prix des produits
Il y a les explications. Quid des solutions ?
 
Pr Augustin Loada, Directeur exécutif du CGD
« Dans quel royaume africain a-t-on vu un chef changer les règles constitutionnelles à sa guise comme on le voit aujourd’hui dans notre pays ? »
 
Une sombre affaire de lotissement à Zékounga I
Les habitansts pris dans un piège accusent le gouverneur du Centre
 
Conception & réalisation ZCP L'Indépendant © 2004